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Les temps changent...
A écouter les uns et les autres, on y perd son latin et ne sait plus à quel Saint se vouer.
Pour certains, l’affrontement politique est la seule solution au problème de la précarité. Pour d’autres, il faut crier à qui veut entendre : que la titularisation pour tous, sans conditions, est la seule revendication qui vaille. Pour d’autres encore c’est la désillusion car la mobilisation n’est pas à la hauteur des enjeux. Ceci sans compter les plus nombreux qui, par peur ou par résignation, pensent que personne ne pourra rien y faire…
La situation n’est pas simple, c’est le moins qu’on puisse dire, elle est même désastreuse pour nombre de nos collègues.
Néanmoins il est des faits que l’on ne saurait occulter sous peine d’une vision incomplète du problème et donc ne pouvoir en tirer que des conclusions partielles.
Le numéro hors série sur « l’emploi » de la revue Alternatives Economiques, citant l’INSEE nous apprend qu’en 2005 il y avait plus de 3 millions d’actifs en France qui se trouvaient en « contrats précaires » sans parler de tendance pour l’avenir ..! Pouvons-nous alors vraiment imaginer que quelques milliers de contractuels et vacataires (sur l’ensemble de la fonction publique) soient une véritable préoccupation pour nos ministres ?
A qui peut-on décemment faire croire que le rapport de force, nécessaire en toute négociation, est en notre faveur ?
Alors que dans le secteur privé, les syndicats ont les pires difficultés à trouver de véritables interlocuteurs patronaux dans les négociations collectives (peu nombreux, insuffisamment représentatifs, trop dispersés..) comment se fait-il que chez les fonctionnaires, qui n’ont qu’un seul employeur, il n’y a pas consensus sur de telles négociations ?..
Il y a là un problème vital auquel personne ne répond actuellement.
Notre société bouge, sous l’influence de nombreux facteurs, les mentalités et les comportements évoluent. Chacun veut rester l’acteur de son propre devenir, garder son propre arbitre, ses prérogatives, défendre ses intérêts sans toutefois se sentir prisonnier d’une organisation ou d’un système. Chacun souhaite pouvoir rester « flexible » en fonction des évènements, des prises de décisions le concernant, qui pourraient ou non lui convenir et pouvoir ainsi reprendre sa liberté en cas de désaccord.
Mais alors, comment reprocher à l’Etat cette conduite que l’on s’applique à soi-même ?
La dispersion, l’émiettement, la représentativité des contractuels est significative de cette société de consommation où l’éphémère devient la règle.
Qui représente, Qui ?..
Sans oublier la méfiance que cela peut provoquer dans certaines structures syndicales en place. Résultat des courses : le rapport de force est inversé dans les négociations car l’Etat, lui, ne parle que d’une seule voix !
Les contractuels doivent se rassembler et mobiliser à propos de leurs conditions de travail, il leur faudra se regrouper autour d’une table et voir ce qui serait « politiquement acceptable ». Ce sur quoi les 2 parties (Les contractuels et l’Etat) pourraient concrètement discuter dans le cadre d’une négociation collective, avec un rapport de forces inversé cette fois-ci.
Nous proposons que l’on réfléchisse dans trois directions :
Plus de stabilité.
Des rémunérations revalorisées.
Un avenir professionnel garanti, quelle que soit l’issue des contrats.
En gardant comme objectif principal : la titularisation.
Si nous souhaitons plus de stabilité, la Loi sur le CDI (à condition qu’elle ne soit pas scandaleusement détournée, comme actuellement) appliquée à tous, pourrait permettre un compromis.
De plus, les 6 années de CDD devraient être mises à profit pour proposer les moyens d’une véritable préparation aux concours (décharges horaires et cours en IUFM) ou mieux, la mise en place d’un système d’évaluation notation qui vaudrait pour partie des épreuves.
Si nous voulons des contreparties à la précarité des contrats, il faudrait que l’Etat prenne en compte cette flexibilité, qui lui sert bien, et la dédommage en conséquence.
Nous proposons une grille de salaire ou bien une obligation de renégociation des salaires tous les 2 ans (soit 3 fois durant les 6 années de CDD), ainsi que la prise en compte des 6 années passées (pour une revalorisation salariale) lors de l’obtention du CDI.
Enfin la possibilité pour ceux qui sortiraient de l’EN au bout, ou avant 6 années, d’obtenir une reconversion plus rapide et plus sûre qu’actuellement, grâce à :
des passerelles entre les différentes administrations,
à la mise en place d’un « portefeuille de savoirs et compétences » en lien direct avec ce que les entreprises attendent d’un futur salarié,
à l’accès systématique au Droit Individuel à la Formation (DIF) permettant une remise à niveau constante dans sa spécialité ou bien une qualification supplémentaire.
Cette première étape en marche, les représentants des personnels précaires pourraient ensuite continuer la concertation (notamment sur la titularisation, les effectifs…) dans un cadre préétablit ainsi qu’une négociation collective où les rapports de forces seraient rééquilibrés.
Gérard Olivier.
Secrétaire général.
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